Communiqué paru dans le journal « la Semaine Guyanaise » , édition du 1er septembre 2010
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«Oui aux éoliennes !»
Le Groupement des entreprises en énergies renouvelables de Guyane (GENERG) nous écrit suite à l’éditorial d’Alain Chaumet publié le 30 juin dernier.
Les avantages de l’éolien sont reconnus partout à travers le monde ; plus de 60 pays soutiennent largement son développement. Des productions conséquentes en résultent : les 160 000 mégawatts éoliens installés aujourd’hui couvrent la consommation électrique domestique de plus de 160 millions de personnes.
Et ce développement s’amplifie. Un rapport de la Commission européenne[1] révèle que 62 % (17 000 MW) de la capacité de production d’électricité nouvellement installée dans l’UE en 2009 reposait sur des sources renouvelables dont 10 200 MW pour l’éolien et seulement 440 MW pour le nucléaire.
Malheureusement, la diffusion de certaines idées fausses contribue à noircir l’image de cette filière. Nous allons donc répondre à celles de la Semaine Guyanaise.
- L’exploitant d’un parc éolien est responsable de son démantèlement et de la remise en état du site à la fin de l’exploitation. Au cours de celle-ci, il est tenu par la loi de constituer les garanties financières nécessaires.
- Selon Monsieur Chaumet, l’énergie produite par les éoliennes n’est pas significative. Or le projet Cr’Eole, qui consiste à installer 5 éoliennes dans une savane du littoral guyanais, permettra de produire près de 4% de l’électricité consommée en Guyane, soit l’équivalent de la population de Matoury. Cela permettra en outre d’éviter le rejet de près de 20 000 tonnes de CO2 chaque année.
- L’énergie éolienne n’est nullement à opposer à l’énergie photovoltaïque comme le fait Monsieur Chaumet ; les énergies renouvelables sont complémentaires. Couplées à des actions de maîtrise de la demande d’énergie, elles permettent d’atteindre l’objectif d’indépendance énergétique du territoire en créant de nombreux emplois locaux non délocalisables. Et l’énergie éolienne a toute sa place dans le futur mix énergétique guyanais, qui permettra en outre d’améliorer la sécurité d’approvisionnement du territoire et ne plus dépendre uniquement de la pluviométrie et de l’importation de produits pétroliers.
- Le coût de production de l’électricité d’origine éolienne en Guyane est 30% inférieur à celui d’EDF sur le littoral interconnecté. Ainsi, au-delà des impacts positifs de la réalisation d’un parc éolien sur le plan social et environnemental, il y a aussi un réel intérêt économique.
- Les efforts de recherche et développement s’orientent actuellement vers la prédiction, le stockage et les réseaux électriques intelligents. Il s’agit de palier à la problématique de l’intermittence des productions éoliennes et photovoltaïques et de faciliter le travail du gestionnaire du réseau lorsque le taux de pénétration de ces deux types d’énergie dites « aléatoires » augmente car il est aujourd’hui limité dans les DOM à 30% de la puissance instantanée appelée.
In fine, il n’est pas question d’installer des éoliennes partout et n’importe comment : l’utilisation de cette énergie doit rester de qualité. Les parcs éoliens doivent respecter les populations, les richesses naturelles, la biodiversité et les paysages. Le développement éolien est aujourd’hui très encadré et nécessite, pour chaque installation, une étude d’impacts sur l’environnement, une enquête publique et une autorisation préfectorale. Pour toutes ces raisons, les éoliennes ne constituent pas un fardeau pour l’avenir, mais au contraire, un cadeau pour les générations futures.
Nous tenons à rappeler que le développement de l’énergie éolienne, tout comme celui des autres énergies renouvelables, doit s’inscrire dans une démarche de sobriété (consommer avec modération) et d’efficacité (utiliser de façon performante).
Nous appelons ainsi à un avenir énergétique plus sobre, plus efficace et plus renouvelable.
BON VENT A TOUS !
contact@generg.fr
[1] Rapport « Renewable Energy Snapshots » publié début juillet 2010 par le Centre commun de recherche (CCR)